L’équanimité

Elle naît de l’acceptation.

Il n’y a personne qui puisse « se transformer » et ainsi devenir la personne qu’il/elle souhaite être. Si c’était le cas, s’il existait une recette miracle, une méthode, le monde ne serait pas tel qu’il est. Mais on aime à croire que si, et c’est pourquoi il existe une pléthore d’ouvrages, de méthodes ou de théories sur le sujet.

Tant que nous sommes sur le terrain de la « personne », qu’on transige avec l’histoire qui se raconte, on ne peut que partager celle-ci. Les outils, les trucs qui ont fonctionné pour nous, pour mieux naviguer à travers l’histoire. C’est bien, rien à y redire. Mais c’est aussi continuer de perpétuer cette idée qu’il y a quelque chose de problématique avec le personnage et l’histoire.

***

Nous sommes le fruit d’un bagage hérité;

Le résultat d’une multitude de conditionnements;

Le produit d’une histoire qui s’est jouée au fil du temps.

Tout ce que nous pouvons faire c’est de le voir, d’en prendre conscience et de l’accepter.

De faire UN avec Ça.

D’accueillir Ce qui Est… là.

Dans le moment.

D’abandonner l’idée de vouloir être autrement.

C’est alors là, qu’on réalise que c’est de cette acceptation, de cet accueil, de ce lieu en nous qui dit « oui » à tout, que prend place la transformation. Que celle-ci se produit, d’elle-même, sans qu’il n’y ait aucun effort particulier à faire en ce sens.

C’est là qu’on réalise également que plus on se dit oui, on dit oui à la Vie.

Qu’on accepte aussi ce qui se passe à l’extérieur de nous.

Parce que même si rien ne change, notre regard lui, oui. C’est là qu’on voit que cet accueil, cette bienveillance à l’égard de nous-même, colore et change graduellement notre regard sur toute la Vie elle-même.

Alors vient, graduellement, l’équanimité.

Cette neutralité, cette égalité dans l’état intérieur, peu importe les circonstances. Même lorsqu’il y a des mouvements, des émotions, ou du chaos à l’extérieur, il y a ce lieu qui demeure stable et immobile en nous. Cet état prend racine et émerge du même endroit que l’acceptation et l’accueil.

Ce lieu, c’est le lieu du grand oui à la Vie.

Cela ne veut pas dire qu’il n’y aura plus de « non », au contraire. Cela veut simplement dire qu’il y aura cette fine compréhension que pour chaque fois où je me dis oui, il est possible, voire certain, que cela soit un non pour quelqu’un d’autre.

Cela veut dire que malgré toute ma bonne volonté, mes efforts de conciliation ou de communication, pour « m’expliquer », cela puisse être perçu autrement. Que l’on puisse interpréter mes actions et mon vécu erronément.

Ce qui arrivera souvent. Parce que comme le dit le dicton: L’enfer est pavé de bonnes intentions…

Ça aussi on l’accepte. Et, on en vient même, parfois, à ne plus vouloir s’expliquer du tout.

À vivre sans histoire.

À laisser les autres se raconter celles qu’ils souhaitent.

C’est pourquoi on confond souvent indifférence et sagesse.

Parce que nous avons besoin de tellement d’attention, d’approbation et d’assentiment, on cherche chez le sage un reflet qui ne vient pas…

Le sage n’a plus rien d’autre à te refléter que ta propre histoire. Alors, si tu vas voir un sage alors que tu es pris/e dans ton histoire, il est possible que ses réponses ne te plaisent pas…

Ce n’est pas que le sage n’ait plus du tout d’histoire. Les sages ont toujours plein d’histoires à te raconter!

C’est simplement qu’il aime les histoires. La sienne, en tout premier lieu. Et, comme il l’aime, celle-ci s’allège, s’épure et se pacifie avec le temps. Ce qui fait qu’elle devient de plus en plus facile à gérer et qu’il ne la projette plus sur les gens.

Il sait voir et faire la différence entre les différentes histoires qui se racontent. C’est tout.

Il accepte ton oui, ton non, ton peut-être. Ta joie, ta souffrance, ta colère, ton indifférence. Sans avoir pour autant l’obligation de t’endurer toi, quand tu te prends au jeu de ton histoire, ou que tu confonds la tienne avec la sienne. Si ce qu’il te reflète ne te plaît pas, tu es as le droit de t’en aller.

Ça aussi, il l’accepte.

Pour lui, tout ça c’est passager. Ce qu’il voit en lui, ce qu’il voit en toi, c’est ce qui est au-delà de nos histoires.

Ce lieu qui est identique en chacun de nous.

Cette immensité, ce lieu de silence, que tu peux peut-être confondre à une sensation de vide en toi. Ce qui peut te donner le vertige ou t’effrayer et t’enlever le goût d’aller le visiter.

Pourtant, ce n’est qu’un espace, un espace d’accueil.

Qui te permet d’accepter tout ce qui est passager.

Qui te permet d’un peu plus aimer.

Aimer demande la résilience d’endurer les coups du passé. Qui reviendront à maintes reprises pour te rappeler quand tenir bon ou savoir lâcher.

Laisser le temps adoucir les angles et élargir les visions.

***

C’est pour ça qu’on cherche la compagnie des sages.

Pas pour ce qu’ils font.

Même pas pour ce qu’ils disent.

Simplement pour ce qu’ils sont.

Un espace d’accueil.

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