La perfection

La perfection est un jeu de l’esprit, rien de plus.

Elle ne repose sur rien de tangible, s’établit à partir d’une norme imaginaire, floue et sans substance. Éminemment personnelle, ce qui est parfait pour un artiste sera fort différent de ce qui est parfait pour un physicien. Se rattachant à des conditionnements, elle a toute son utilité lorsqu’il est question de créativité, parce que l’esprit cherche toujours à saisir la perfection et la figer dans le moment. C’est ce qui permet de donner naissance à nos découvertes et nos plus grands chefs-d’oeuvre.

Mais la perfection perd tout son sens lorsqu’il est question de notre humanité, à ce qui vit et est toujours en mouvements. À ce qui ne cherche pas à se figer mais à simplement vivre et exprimer Ce qui Est, dans l’instant.

Cet idéal de perfection dans nos façons d’être ou de faire est un conditionnement judéo-chrétien profondément ancré dans nos sociétés. Provenant de cette fameuse phrase « Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait. » (Mathieu, 5, 48), nous oublions trop souvent que cette conclusion est tirée d’un enseignement où le Christ nous exhortait à accueillir le bon comme le mauvais de la Vie. Employant cette très belle image d’un Père dans le ciel, qui fait lever son soleil sur les méchants comme sur les bons et fait pleuvoir sur les justes comme les injustes, (Mathieu, 5, 45) cet enseignement nous exhortait, une fois de plus, à simplement…

Aimer.

L’amour n’a rien à foutre de la perfection parce que la perfection est au coeur même de l’imperfection.

L’amour est ce qui peut accueillir, prendre soin et guérir. Il est cet ingrédient essentiel qui permet aux choses de se transformer d’elles-mêmes.

Sans aucun effort.

Sans cette volonté propre au mental de vouloir tendre vers certains comportements plus que d’autres. À vouloir s’associer à certaines personnes plus que d’autres. À vouloir faire certaines choses plus que d’autres…

Parce que l’amour est dénué de préférences. Préférences qui sont encore et toujours le jeu du mental et de l’esprit.

L’amour est cette puissance qui fait que les choses se font d’elles-mêmes parce que l’amour est ce mouvement de Vie qui nous porte également vers l’action. Une action qui n’est pas préméditée. Ce sont ces élans du coeur qui nous portent vers l’autre, qui nous rendent créatifs et nous ouvrent sur le monde. Ce sont ces gestes spontanés que nous posons lorsque les évènements le requièrent.

Mais c’est également ce grand Silence, cette détente profonde qui nous permettent d’être patients, d’être patience. De se reconnaître dans l’autre, de comprendre cette réalité humaine qui, bien que s’exprimant différemment à travers chacun de nous, est finalement profondément identique.

Profondément unitaire.

Aimer c’est profondément unitaire. C’est ce lien identitaire à travers l’expérience humaine, c’est la couleur de notre espèce.

Mais aimer c’est profondément douloureux…

Du moins au début.

Cependant, parce que l’amour est également sagesse, il emporte avec le temps de plus en plus de paix et d’ouverture. Nous demandant perpétuellement de nous abandonner, il est heurtant pour celui/celle qui est encore rempli de blessures.

C’est pourquoi il faut savoir s’aimer avec celles-ci. Elles sont ce que nous percevons, à tort, comme ce « moins bon » en nous.

***

Laissez l’amour prendre charge de vos blessures;

Laissez-vous soigner, laissez-vous bercer;

Prenez le temps, donnez-vous du temps;

Ne forcez rien, ne précipitez rien.

Laissez l’amour prendre soin et guérir.

Laissez l’amour vous ouvrir.

À vous;

Aux autres;

À la vie.

On ne perd rien à beaucoup aimer. Parce qu’on a tout à y gagner.

Cessez de tendre vers l’amour, aimer tout simplement. Du mieux que vous pouvez.

Imparfaitement mais totalement.

Une fleur, un chat, un enfant, des milliards de choses! La quantité importe peu… Mais surtout,

Apprenez à vous aimer. Tel que vous êtes.

Déjà ça…

C’est l’immensité au coeur de l’instant,

C’est voir de quoi votre nature est faite, c’est la perfection même.

2 réponses à « La perfection »

  1. Entre la perfection et l’insignifiance il passe à peine l’épaisseur d’un cheveu. C’est dans l’ordinaire des petites choses qu’on touche le plus souvent à l’universel. Bon week-end, Diane.

    Aimé par 1 personne

    1. Voici un commentaire empreint de sagesse…❤️ Un très bon weekend à toi aussi! 🌹

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