La mort du spirituel (2ème partie)

Mon enfance fût bercée d’une très belle vie spirituelle remplie d’une profonde dévotion. Qui s’arrêta brusquement un jour. Pour des raisons qu’il serait inutile de relater ici. En tournant le dos à la spiritualité, ma vie a pris un autre tournant. Mais elle n’en est pas demeurée pour autant une profonde quête de vérité. À travers les arts, le milieu judiciaire, celui des affaires et les questions de santé mentale, j’ai bondi comme une grenouille d’expériences en expériences. Qui m’ont permis de rencontrer une foule de gens et vivre de profondes transformations.

Qui en passaient toujours par la souffrance…

2015 a marqué un tournant dans ce parcours de souffrances et 2016 en fût l’apogée. 2017 est arrivé et les portes de la spiritualité se sont ouvertes. Non… En faits on m’y a précipité!

Tête première.

L’éveil sauvage vécu m’a d’abord précipité vers des lectures. Je lisais intuitivement et compulsivement. Continuellement. Je n’ai jamais lu un œuvre au complet, à l’exception de quelques textes sacrés. Dès que je sentais que j’avais pigé le truc, je passais au suivant. Je ne savais pas ce que j’avais à piger, je ne faisais que suivre cette force intérieure qui avait pris le contrôle de ma vie.

J’ai ensuite fait des retraites, me suis formée en coaching, en enseignement du yoga, de la méditation, alouette! Rencontré des gens, partagé sur des groupes de discussion, partagé sur mon vécu. Spontanément la plupart du temps. Beaucoup écrit, parti un podcast, pour finalement l’arrêter. Commencé des blogs pour les arrêter quelques mois plus tard, eux aussi. Donné des ateliers, des cours de yoga, de méditation, fait des Satsangs.

Écrit un livre, tenté de le faire publier. Reçu des refus, des demandes de modifications. Retravaillé le manuscrit, pour finalement me retrouver devant d’autres refus. Envoyé des courriels, écrit des lettres, pour offrir mes partages. Qui ont parfois été reçus avec enthousiasme et d’autre fois avec de polis refus.

Bref, j’ai tellement appris! Vécu, aussi, les mêmes constats que j’avais eu dans tous ces autres milieux où la vie m’a conduit.

Vu des humains tout ce qu’il y a de plus humain, Quoique certains pouvaient prétendre d’eux-mêmes… Réalisé que l’ensemble de la spiritualité se véhicule de la même façon que tout le reste. Qu’elle fonctionne avec ses propres normes de ce qu’elle qualifie admissible ou non. Les mêmes bonnes vielles façons de procéder, faites de ce mélange de traditions et d’innovations. Qu’elle se laisse souvent endormir par le même tape-à-l’œil, le « bling bling », les « like », l’audience. Le copinage, les affinités du moment et tout ce qui est propre à nos bons vieux comportements humains.

Vu que moi aussi, je me suis parfois laissée endormir par ce genre d’illusions. Mis des gens sur des piédestaux. Remis ma confiance à des gens qui ne le méritaient pas vraiment, dans une période de ma vie où je n’avais jamais été aussi vulnérable. Reçu également un support incroyable de plusieurs, par pur bonté de coeur généralement. Mais parfois subtilement, teinté d’intérêts également. Financiers la plupart du temps. Comportements que j’ai également adoptés moi aussi. Jamais financiers, certains de mes rapports n’en demeuraient pas moins, à leur manière, parfois intéressés. Le retournement de conscience m’ayant ramené à une très grande naïveté, j’ai néanmoins vu avec le recul, le lot d’attentes subsistantes que j’ai nourri dans certaines relations.

Compris pour l’avoir vécu crûment, que d’être dans une totale ouverture est « challengeant ». Moins avec le temps, mais comme il ne faut pas se mentir, il faut comprendre que ce le sera pendant longtemps. Alors, bien que le milieu spirituel se targue souvent d’être dans l’ouverture, j’ai fini par voir qu’il ne l’est pas beaucoup plus qu’ailleurs et que l’ouverture alléguée est souvent teintée de conditions.

Réciprocité et conditions sont deux choses totalement différentes.

La réelle ouverture entraîne naturellement la réciprocité, alors que la fermeture sera toujours teintée des conditionnements. Ou du passé. Un passé que le chemin spirituel nous invite pourtant à laisser aller…

Alors, bien que pour moi, il n’existe aucun diplôme qui puisse évaluer de votre état de Conscience ou votre capacité à aimer, aucun individu qui soit en mesure de clairement statuer de vos états intérieurs, ni personne à mettre sur des échelles de comparaison, j’ai fini par faire la paix avec toutes les façons de faire que j’ai rencontrées. Elles vivent toutes en moi et sont toutes représentatives de certaines façons d’être que j’ai adoptées par le passé moi aussi.

Toutes ces personnes que j’ai croisées, toutes les résistances rencontrées, les incohérences constatées, m’ont permis de voir celles qui subsistaient encore en moi. Ces 5 dernières années m’auront au final réconciliées avec une humanité que je ne comprenais pas.

Pas la mienne…

Pas la vôtre…

La nôtre.

Ce qui vous ressemble, vous rassemble… En vous. L’humanité de l’autre guérit la vôtre. Elle permet de recoller les morceaux brisés à l’intérieur de vous-même. Les morceaux brisés par tous ces jugements et ces manques d’amour, que vous avez entretenus avec le temps à votre égard.

Chaque manque de respect à votre humanité vous force non seulement à voir les vôtres mais également à les transcender. Au final, ce fût un très beau passage. Qui, au cours de la dernière année, m’a par contre fait voir que j’étais en train de me perdre à nouveau dans tous ces dédales.

La seule chose qui m’anime, c’est le partage. C’est très fort depuis le retournement de 2017. L’année 2021, fût passée à retravailler un manuscrit débuté en 2019. Chemin faisant, je me suis retrouvée à traverser un processus qui m’a considérablement éloigné de cette idée première de partage. Qui m’a ramené dans ce jeu de devoir rendre les choses conformes à un système. Me frotter à des gens qui, quoique bien intentionnés, avaient des objectifs autres.

Comme pour tout le reste, ce fût une bonne chose. Quelques commentaires d’éditeurs, reçus avec tout autant d’ouverture que parfois de résistances, me permirent de retravailler une œuvre qui partait dans toutes les directions et était beaucoup trop volumineuse. De faire des petits pas dans ma façon de m’exprimer à l’écrit. Jusqu’à ce qu’un jour je sois mise en face de l’absurdité qu’était en train de prendre la situation. Malgré mon travail de réécriture et la volonté de cadrer avec les attentes qui m’avaient été exprimées, je me retrouvais avec des refus et des commentaires divers, qui se contredisaient eux-mêmes! Un manuscrit refusé parce que considéré trop long pour les uns et trop court pour les autres. Ainsi que d’autres incohérences qu’il serait inutile de relater.

C’est alors que j’ai compris que nous n’en étions plus à cette idée de partage spontané et authentique. Pas plus qu’à des relations faites de réciprocité. Mais bien revenus dans un mode de courbettes et génuflexions, pour pouvoir cadrer dans un marché de l’édition qui fourmille actuellement d’oeuvres à caractère spirituel en tous genres.

Cherchais-je la visibilité, la renommée, la reconnaissance? Absolument pas! À cette quête, j’ai passé plusieurs années à donner. Très candidement, un peu comme un enfant, je m’offrais tout simplement. Voulais-je troquer cette fraîcheur retrouvée pour plaire à un auditoire, un public cible? Aucunement. Je voyais la situation, comme la toile pour un peintre. Je me disais naïvement que l’œuvre toucherait le coeur de ceux qu’elle doit toucher.

Avais-je besoin de me raconter à ce point? L’accueil me demandait-il de retourner à des façons de faire et des modes relationnels que j’ai trop bien connus par le passé? La réponse est montée avec force.

NON.

Parce que se faisant, ce sont encore mes besoins que je reniais. L’accueil m’imposait de dire un énorme merci à ces refus.

Mes besoins de paix, de rapports chaleureux et authentiques, l’emportent sur le fait de devoir me plier à un rapport de force, pour partager ce que j’ai envie de partager. De devoir m’en remettre à ce pouvoir illusoire que mon vis-à-vis brandit, pour avoir le droit d’exister en ce monde. Que ce pouvoir soit financier ou celui d’une prétendue expertise que vous n’auriez pas, revient au même. Tant que vous croyez que l’autre possède quelque chose que vous n’avez pas, qui vous soit nécessaire, vous êtes dans l’illusion.

Il s’agit là d’une dynamique totalement différente de la réciprocité. Cette dernière est faite d’ouverture et de communication. Et, bien sûr, de ces éternels réajustements qui sont nécessaires. Parce que la communication, c’est un art en soi. Mais lorsqu’il est vu que chacun a à apporter quelque chose à l’autre et que tout le monde sort gagnant d’une relation, le jeu vaut les efforts qu’on accepte d’y mettre. Mais si les efforts ne sont mis que d’un côté et que vous ne pouvez pas exprimer vos besoins dans la relation, qui en sort gagnant? Tant qu’il existe quelqu’un pour croire qu’il lui manque quelque chose, ou au contraire, quelqu’un qui croit posséder quelque chose que l’autre n’a pas, on avance pas beaucoup sur le terrain relationnel de la Vie.

Bref, c’est à partir de ce moment, qu’un changement de plus a commencé à s’opérer… Que l’élan de parler de Diane ainsi que de tenter de participer encore, de quelque façon que ce soit à ce type de dynamique, m’a quitté. De même que l’élan de poursuivre l’enseignement du yoga. Même les Satsangs, ou du moins la notion de la chose, la façon de procéder, a commencé à faire moins de sens. Un mouvement à me retirer définitivement de ce monde et ses façons de faire se met maintenant en place.

Cela s’est fait graduellement, tout doucement. Du moins au départ. Quant au yoga à proprement parlé, je sentais depuis l’été dernier que quelque chose commençait à bouger de ce côté. Quelque chose qui récemment s’est arrêté tout net. Cela ne voulait plus se faire.

Partager est encore là. Cela ne peut faire autrement puisque cela fait partie de la Nature de l’humain. Mais les choses semblent vouloir prendre une autre direction, vouloir procéder autrement.

Cela dit, il me restait quand même cet élan de vous transmettre ce dernier pan de la petite histoire de Diane. Que vous n’aurez eu que par bribes dans les textes où j’ai parfois partagé quelques tranches de vie sur ce blog. Je ne m’y suis pas souvent autorisée. En faits, je crois bien que je ne me le sois jamais autant autorisé qu’en ce moment. Cela dit, le « gros », le « crunchie » et l’anecdotique de la petite histoire qui s’est vécu jusqu’ici, se trouve dans le manuscrit.

C’est probablement très bien qu’il en reste là. J’ai « accouché » d’un bébé, qui est actuellement sous respirateur artificiel… Je suis partagée entre l’idée de lui laisser encore une chance de vivre et celle de débrancher le respirateur. Mais comme je ne sens pas non plus l’élan de prendre une décision particulière, dans un sens ou dans l’autre pour le moment, je vais faire comme toujours et faire confiance. S’il a à « vivre », il vivra. Le seul intérêt à le publier, demeure maintenant d’avoir quelque chose sous la main à pouvoir offrir, à ceux qui me demande encore de raconter une histoire que je n’ai plus vraiment envie de relater.

Bref, ces derniers textes que je vous partagerai au cours des prochains jours, sont en quelque sorte une sorte de revue de l’année 2021. Un bilan, empreint de confessions et constats. Également d’une page que je tourne quant à ce blog et mon passage à travers le milieu spirituel. Je ne dis pas que je mettrai fin à ce blog, parce que pour l’avoir fait à de nombreuses reprises par le passé, je sais que ce serait inutile. Compris depuis longtemps que l’écrit demeure un moyen d’expression essentiel pour moi à transmettre un vécu qui se vit bien au-delà de la forme qui vous le partage.

***

Demain, je me confesse…

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